Comment la procrastination peut booster votre productivité (et vous rendre épanoui) - Temps Action

Comment la procrastination peut booster votre productivité (et vous rendre épanoui)

Cet article a été rédigé par l’équipe du site de David LAROCHE.

Vous procrastinez ? Dommage pour vous.

Car de nos jours, l’effort acharné et le dépassement de soi priment pour réussir.

On est sans cesse poussé à “travailler plus pour gagner plus”. 50 heures par semaine, et bien plus s’il le faut.

Un paradigme dans lequel la procrastination n’a pas sa place.

Apanage des perdants et des fainéants, c’est la teigne à éradiquer pour s’assurer une brillante carrière ou une entreprise florissante.

Pourtant, la procrastination est loin d’être aussi néfaste. Bien au contraire !

C’est un allié de taille et un précieux indicateur pour réussir.

Paradoxal, vous pensez ?

Découvrez comment la procrastination peut vous guider vers la vie que vous méritez.

Si vous procrastinez vous êtes coupable !

culpabiliser a cause de la procrastination© energepic

Vous vous sentez coupable d’ajourner les choses ?

C’est normal, vous l’êtes déjà pour vos proches et vos collègues. Surtout si ce sont de vraies machines d’exécution. Mais patientez quelques lignes avant de vous auto-flageller ou fustiger votre manque de sérieux et d’engagement.

La procrastination ne vous veut pas que du mal. C’est même un signal !

Une chose ou plusieurs vont de travers dans votre vie. En particulier dans ce domaine où vous procrastinez souvent.

Un peu comme ce développeur informatique qui chaque jour doit se forcer pour taper des lignes de code rébarbatives. Mais quand il programme le logiciel de ses rêves dans son temps libre… Il peut y passer ses nuits et sauter des repas…

Peu importe votre niveau de compétence dans ce que vous faites. Si ça ne correspond pas à vos valeurs et à vos inspirations, vous trouverez mille et une raisons de remettre cette tâche ou ce projet insipide à plus tard.

Qu’est-ce que la procrastination dit de vous ?

Très souvent, la procrastination essaie de nous dire : “Attention danger ! Tu fais fausse route”.

Dans le meilleur des cas, vous procrastinez parce que vous êtes exténué.

L’excès nuit en tout et c’est d’autant plus vrai lorsqu’il est question de travail (même si vous adorez ce job). Et quand la coupe est pleine, il faut bien prendre un moment pour la vider.

Faites une pause, prenez des vacances ou éloignez-vous du boulot pendant un moment. Vous reviendrez avec plus d’entrain et d’énergie.

Et le second scénario ? Vous avez tout tenté, mais c’est peine perdue.

Vous n’y arrivez plus et vous procrastinez en permanence.

Dans ce cas, comprenez que vous êtes à un carrefour décisif dans votre vie.

Vous pouvez toujours continuer ce que vous faisiez déjà. Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, rien ne s’améliorera.

À la recherche de ce qui vous inspire vraiment

rechercher ce qui nous inspire© Anthony Tori

En réalité, vous n’avez pas d’autre choix que de changer de trajectoire.

Et pour prendre la bonne, il faut absolument vous poser les questions suivantes :

  • Pour quelle raison vous êtes-vous lancé dans ce que vous faites aujourd’hui ?
  • Quels sont les buts que vous poursuivez ?

Le piège ? S’enfermer dans une vie qui n’est pas la vôtre.

Consciemment ou pas, notre entourage influence notre vision de la réussite. Il s’agit souvent de rêves fantasmés et sublimés par du storytelling, qui inondent les médias et impactent notre culture.

Autour de nous, on voit ces gens à qui la vie déroule le tapis rouge et qui n’hésitent pas à afficher les symboles de leur richesse.

Tout ceci génère inévitablement l’envie. Et un mimétisme inconscient prend forme à l’interne comme à l’externe.

Quand l’envie et le mimétisme guident vos pas

envie d'être comme les autres© Kindel média

En vous, cette petite voix murmure à votre oreille que vous avez sans doute le même don que X.

Qu’en suivant son exemple à la lettre (du moins, ce que vous pensez être son exemple) vous obtiendrez le même résultat. Et ce mimétisme exerce sur vous une forme de pression sociale.

Une pression en provenance des amis, des parents, de la famille, du voisinage….

  • Parce que vous êtes nés dans une famille où les intellectuels et fonctionnaires se ramassent à la pelle, vous n’avez aucune envie d’être le vilain petit canard. Du coup, hop dans une école de commerce, d’ingénieurs ou de médecine alors que votre truc c’est l’art par exemple.
  • Ou encore, vous avez toujours eu de très bonnes notes au lycée et à l’université. Vous souhaitez donc faire plaisir à votre entourage et susciter son admiration en embrassant une carrière de savant alors que la science ne vous passionne pas plus que ça…
  • Pire, vous avez accepté ce boulot parce que la paye et les avantages sociaux étaient énormes. Puis vous vous êtes marié, vous avez eu des enfants, vous avez intégré un cercle social à la hauteur de votre rang. Et les charges n’ont eu de cesse de s’accumuler. Vous voilà maintenant piégé dans une routine aux antipodes de vos rêves.

Dans chacun de ces cas, vous vous dirigez inexorablement vers la suffocation.

Avant même de le remarquer, vous voilà empêtré dans un tourbillon de démotivation qui invite la procrastination dans votre vie.

Le “moi” n’est pas maître dans sa propre maison

renouer avec ses passions© Norbert Kundrak

D’où vient ce panneau “ATTENTION DANGER” ?

Si vous reportez sans arrêt les choses, c’est parce qu’elles sont en déphasage avec vos véritables aspirations et ce qui vous motive vraiment.

Dans chacun des scénarios cités plus haut, c’est la base qui pose problème. Le premier pas pour résoudre ce problème de procrastination consiste à renouer avec ce qui vous passionne et qui vous inspire. Avec le domaine dans lequel vous allez exceller.

Pour cela, utilisez les 4P. Une fois vos rêves et projets définis en fonction de ce qui vous inspire, vous allez y penser consciemment, mais aussi et surtout inconsciemment.

Vos connexions neuronales vont ainsi se configurer et se renforcer autour de ce sujet. Votre temps de réaction et l’efficacité de vos réflexions dans ce domaine particulier seront optimisés au maximum.

En d’autres termes, il vous faudra moins d’effort pour avancer que quelqu’un qui ne travaille que pour la paie.

Choisissez un travail qui vous passionne et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie”. Confucius

Alors qu’est-ce qui vous passionne vraiment ? Qu’avez-vous toujours voulu faire dans votre vie ? Que souhaitez-vous réellement en ce moment ?

Selon le père de la psychanalyse Sigmund Freud, “le Moi n’est pas maître dans sa propre demeure”.

La procrastination s’enracine dans un subconscient en déphasage avec ses aspirations profondes. Tout au fond de vous, ce boulot, ce projet, cet objectif, ce n’est pas vraiment ce que vous voulez.

Lorsqu’on adore ce qu’on fait, on se retrouve dans un état de flow avec une énergie incroyable qui pousse sans cesse à aller de l’avant. Exactement comme ce développeur qui en oublie de manger lorsqu’il travaille sur le projet de ses rêves.

Dans ce cas particulier, c’est un signal du sur-moi pour dire STOP !

Et si vous vous entêtez à ne pas l’écouter, celui-ci passera à l’étape suivante.

Nombre de nos problèmes de santé sont d’origine psychosomatique. Vous faites quelque chose qui entrave votre bonheur, alors votre sur-moi s’en prend en dernier recours à votre santé physique (1).

L’objectif étant de vous mettre dans l’incapacité de continuer cette tâche qui sabote votre épanouissement. C’est comme un mécanisme de défense dont le but est de vous alerter sur ce qui ne va pas.

Des études scientifiques ont mis en évidence par exemple l’existence d’un lien de causalité entre la prise de poids et l’insatisfaction au travail (2).

Comment le fait de procrastiner devient un facteur de productivité

la procrastination active© Karolina Grabowska

Vous connaissez maintenant le mode d’action de cette procrastination passive et destructrice.

Mais savez-vous qu’il existe une forme de procrastination bénéfique pour la productivité ? Les spécialistes parlent de procrastination active.

Dans le cas précédent, vous reportez sans cesse vos tâches tout en vous tournant les pouces.

Mais avec la procrastination active, vous reportez une ou plusieurs tâches en particulier tout en faisant autre chose en attendant.

D’après les psychologues, cette forme de procrastination présente de multiples intérêts.

Cela vous permet d’avoir un point de vue éclairé sur l’utilité ou la nécessité de quelque chose en laissant le sentiment d’urgence passer.

En pratique, vous vous rendez compte que ce nouveau prêt automobile n’est pas si urgent par exemple. Votre voiture actuelle peut alors se révéler être en très belle forme parce que vous avez passé un peu de temps à vous en occuper pendant que vous réfléchissiez à cet emprunt.

La procrastination active peut également permettre de mieux diriger votre attention vers les tâches qui sont vraiment importantes.

Lorsqu’on a mille et une choses à faire, tout peut nous paraître important à la fois.

Adopter des stratégies pour contrer la sensation d’urgence permet de faire le vide dans son esprit et son emploi du temps, tout en se dirigeant vers le ou les objectifs les plus importants.

D’ailleurs, d’un point de vue historique, la procrastination n’a pas toujours été considérée comme une mauvaise chose.

Les Grecs et les Romains avaient généralement une très haute opinion de la procrastination.

Les dirigeants les plus sages étaient adeptes de la procrastination. Ils passaient le plus clair de leur temps à réfléchir et n’agissaient qu’en cas de nécessité.

Minimiser les effets de la procrastination sur les tâches inévitables

minimiser la procrastination© Olia Danilevitch

Vous êtes vous déjà retrouvé à gaspiller des heures pour des occupations futiles (chiller sur netflix, mettre à jour votre statut instagram, faire du lèche-vitrine en ligne) alors que vous auriez dû consacrer ce temps à des projets professionnels ou scolaires ?

Nous y faisons tous face de temps à autre.

Parfois, il faut juste lâcher prise et profiter de ces instants de détente pour se remettre d’aplomb.

Cela dit, il existe quelques astuces pour en minimiser les effets lorsque cette procrastination est trop fréquente.

1. Utilisez vos valeurs pour lutter contre la procrastination

Il y aura toujours des tâches fastidieuses qui rebutent ou pour lesquelles on n’est pas particulièrement motivé.

Le ménage à faire, une comptabilité à tenir, un rapport à rédiger, une pelouse à tondre, etc. Autant de tâches souvent perçues comme des corvées et que l’on repousse assez aisément.

Mais elles ne disparaîtront pas. Alors si vous faites l’autruche, prenez un moment pour vous poser les questions suivantes :

  • En quoi le fait de réaliser cette tâche contribue à l’accomplissement de ce qui est vraiment important pour vous, de ce qui vous inspire ?
  • En quoi cela aide-t-il à vous améliorer en tant que personne ? Permet-elle d’exercer vos compétences et votre motivation. Vous oblige-t-elle à sortir de votre zone de confort ?

Ensuite, assurez-vous de faire le lien entre ces tâches en apparence ennuyeuses et leurs bénéfices dans votre vie personnelle ou professionnelle. Faites en sorte que votre esprit intègre parfaitement leur utilité pour vous.

Cela changera la vision que vous en avez et permettra donc de réduire l’effort mental que ces tâches vous demandent.

Par exemple, vous chérissez par-dessus tout vos enfants. Pensez alors à l’exemple que vous leur transmettrez en vous occupant du jardin : le travail bien fait, être ordonné, prendre soin de son cadre de vie…

Pour atteindre cet objectif, vous impliquez votre petite dernière en lui laissant le soin de choisir les fleurs et les planter.

Enfin au travers de cette “corvée”, vous lui transmettez les valeurs de la découverte des beautés et des vertus de la nature.

Alors, c’est avec une certaine dose de plaisir que vous vous appliquez pour que les fleurs sélectionnées par votre princesse poussent du mieux possible.

2. Un petit Hack qui prend juste 2 minutes

La règle des deux minutes est l’une des techniques les plus efficaces pour gérer la procrastination de façon productive.

Concrètement, il s’agit de faire dans l’instant toutes les choses que vous pouvez réaliser en 2 minutes.

Ce hack vous permettra de décharger drastiquement votre liste de choses à faire. Ainsi, les tâches ne se cumuleront plus dans votre esprit.

Et puisque le fait de les inscrire sur une liste de choses à faire plus tard prendra presque deux minutes, mieux vaut s’en occuper sur le champ.

Au début, vous penserez à plein de choses faisables en 2 minutes.

Mais en vous inscrivant dans cette dynamique, vous développerez peu à peu le réflexe de ne jamais entasser ce type de tâches.

3. Avoir confiance en soi, pour ne pas procrastiner

Le manque de confiance et d’estime de soi fait également partie des causes de procrastination les plus fréquentes (3).

La peur de ne pas être à la hauteur ou le fait de penser qu’on ne vaut pas grand-chose peuvent vous tétaniser en face d’un projet, au point de choisir la fuite.

Cela peut également se produire chez ceux qui développent un caractère perfectionniste extrême. L’idée que le résultat puisse présenter quelques défauts suffit à ne pas vouloir y consacrer du temps et des efforts.

Il est donc capital de développer votre confiance en vous et d’intégrer dans votre quotidien les habitudes qui la nourrissent.

Tout est une question de perception

Dans les faits, la procrastination se traduit surtout par un problème de perception, parfaitement résumé par l’équation de Steel (4) :

Motivation = (Espoir x Valeur) / (Impulsivité x Délai)

Cette équation tient compte des 4 facteurs cruciaux qui influencent notre tendance à procrastiner.

“L’espoir” indique combien vous croyez en vous et en vos probabilités de réussite. La “valeur” mesure l’importance pour vous d’accomplir cette tâche.

Plus ces deux facteurs sont élevés, moins vous aurez tendance à procrastiner.

A contrario, “l’impulsivité” révèle votre incapacité à vous maîtriser. Comme avec cette notification Instagram sans importance que vous ne pouvez vous empêcher de consulter au cours d’un travail capital.

Et enfin, le “délai”. Plus l’échéance pour accomplir la tâche est lointaine, plus vous allez procrastiner.

Conclusion ? Pour accroitre votre productivité, il est non seulement crucial de se fixer des délais à court terme et d’apprendre à contrôler son impulsivité…

Mais aussi et surtout, de changer le regard que vous portez sur vos tâches, et sur vous même.

Voilà pourquoi vous devez absolument apprendre à modifier vos perceptions pour mettre fin à la procrastination.

À propos de l’auteur

Stéphane Marin écrit pour le blog davidlaroche.fr.

David Laroche est entrepreneur, coach et conférencier international. Il mène des recherches sur les thématiques du bien-être, de la performance et de la réussite. Son rêve est d’inspirer le plus grand nombre de personnes à être inarrêtable et vivre la vie qui les inspire.

Sources :

  1. The relationship between job satisfaction and health: a meta-analysis – Auteur: E B Faragher, M Cass, C L Cooper
  2. “Comment éviter que votre inconscient vous gâche la vie” publié dans le huffingtonpost – Auteur : Liliane Holstein
  3. Compulsive Procrastination: Some Self-Reported Characteristics – Joseph R. Ferrari https://doi.org/10.2466%2Fpr0.1991.68.2.455
  4. Integrating Theories of Motivation October 2006 The Academy of Management Review 31(4):889-913 DOI:10.2307/20159257

Photo © lookstudio

Poster un commentaire :

Share This